Une opération n’est jamais inutile. Elle peut ne pas profiter à l’opéré… Elle profite toujours à l’opérateur. [Georges Feydeau]
Au Monopoly planétaire on joue, on perd. On y perd ses valeurs, sa culotte: liberté d’expression, esprit critique, émulation, créativité, solidarité, élégance, pertinence, et bien d’autres quand ici il s’agit de la presse professionnelle. Un titre disparaît (LE PHOTOGRAPHE), aucun autre ne le remplace. L’ensemble prime sur l’élément qui n’est autre qu’une de ses cellules nourricières. Abreuve nos sillons, pon, pon, pon… Le pire est peut-être la disparition silencieuse et insignifiante d’un vecteur de communication technique et informatif qui a procuré du plaisir, suscité de la controverse, voire de la colère, de l’enthousiasme, pourquoi pas du bonheur à des milliers de lecteurs pendant près … d’un siècle! Les photographes doivent-ils également disparaître au profit de robots numériques aptes à saisir le bon moment dans la bonne définition au meilleur prix pour la plus rapide transmission aux supports numérisés en ligne et accessibles 24 heures sur 24 via le moniteur incorporé intra muros au design époustouflant dont l’accès ne peut se faire que par carte d’abonnement dont le débit automatique peut être suspendu à tout instant en cas de provisions manquantes… Gaffe, ça glisse vers la noirceur, faudrait sauver ce qui reste encore de jouissif dans ce bas monde, nos peaux, nos boulots, nos photos, hé !
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